Atelier ecriture

Atelier écriture

Les séances d'écriture sont animées par Evelyne Willey.

Elles ont lieu  une fois par mois au comité chaque dernier jeudi du mois de 14h30 à 16h30.

L'atelier d'écriture est basé sur une découverte mystérieuse à faire en début de séance.

Suivant les ateliers, cela peut être un objet ou une senteur inconnue.

Après la découverte par les personnes présentes , des développement sont présentés sur le thème du jour.

Des lectures sont réalisées de poèmes, d'histoires ou de romans .

A la suite de ces études, un texte est écrit par chacun des participants en rapport avec le thème. Ce texte est enregistré pour une lecture la semaine suivante et une publication sur le site internet à la rubrique actualités.

Comme exemple, les sujets traités durant l'année 2018 ont été : Le fil à plomb de tapissier, la fleur d'oranger, l'huile de foie de morue, l'attrape rêve,la rose, la poupée folklorique, le laurier, les temps de l'homme, la tirelire licorne.


Le rapport de l'atelier d'écriture sur les masques qui suit est révélateur d'un atelier sur le toucher.

Résumé de l'atelier d'écriture autour du toucher du jeudi 28 septembre 2019

 

Voici le compte rendu de l'atelier du jeudi 28 septembre. Les objets à découvrir était deux masques.

-1 petit masque vénitien en porcelaine et tissu

-1 masque africain de collection : Masque Bapounou de la République du Gabon en bois de fromager.

 

-Lecture des textes du précédent atelier des écrivants sur "l'oignon"

 

-Découverte du thème : le masque, par le toucher

 

-Lecture d'un court poème de Anna de Noailles (1876-1933) Amour

 

-Renseignements généraux sur les masques : de l'italien "maschera". Associé à la fête, à une fonction rituelle ou funéraire, le masque est destiné à dissimuler, représenter ou imiter un visage. Il fait souvent partie d'un costume. Le masque dans la tragédie grecques : Thespis d'Icare (VIe siècle avant JC) est considéré comme le premier créateur de masque dédié à la tragédie. Le masque dans la Commedia dell'arte descendrait de masques stylisés représentant le diable. Le masque vénitien : plus d'étiquette, de convenance à respecter, on pouvait durant le carnaval tout dire et tout oser. Le masque dans le nö japonais : l'acteur quitte symboliquement sa personnalité pour prendre celle du personnage qu'il va incarner. Le masque est plus petit que la tête de l'acteur qui doit jouer avec la lumière pour indiquer des sentiments. Le masque dans le théâtre balinais pour représentation de l'épopée du Ramayana. Le masque africain : funéraire, représentant l'âme d'un défunt, liés à des cultes agraires ou guerriers, magique pour l'usage du sorcier.

Les différents types de masque : funéraire : Le masque à plastron du pharaon, le masque dit "d'agamemnon" en or (1550-1500 av JC) proto-grecs, de protection, de beauté, à oxygène, à gaz ou anti-gaz, le masque du catcheur. 

*En architecture : le mascaron, ornement de façade représentant des têtes grimaçantes.

*La collection Le Masque  : collection créée en 1927 et consacrée aux romans policiers.

*Les masques célèbres : Le masque de fer dont l'identité n'a jamais été établie, le masque de Zorro, renard en espagnol, personnage créé en 1919 par Johnston Mc Culley.

 

Chacun se souvient ou invente autour du thème : 

Aurore : Je n’aime pas le mot « masque » car il me renvoie à d’autres mots comme dissimulation, fausseté, artificiel. Certains masques africains ont été fabriqué pour contenir l’âme d’un défunt ou une défunte. Je n’aime pas cette utilisation du masque. Pour moi l’âme des défunts doit être libre et s’envoler.

 

 

Patrick (1) : Le masque me fait penser à la fête et particulièrement à la fête de la citrouille. Une citrouille creusée de trous pour les yeux et une large bouche avec des dents et, dedans, une bougie qui semble animer la citrouille. C’est comme un masque amusant et joyeux.

 

Louise : J’aimerais avoir deux masques, un qui représenterait un visage doux et souriant et un autre qui représenterait la colère. Je pourrais les utiliser pour récompenser ou punir les gens. Leur dire ce que je pense vraiment. Je suis trop polie et trop éduquée pour parler aux personnes ouvertement.

 

Henri : Moi j’aime les masques et les personnages masqués qui font peur, qui terrifient. Je me vois bien en chasseur de vampires, armé d’un pieu ! Ce que j’aime dans le masque c’est qu’il peut cacher la vraie nature d'une personne.

 

 Andrée : Jeune fille, j’ai assisté à des processions religieuses et j’ai été très marquée, terrifiée, par les différents pénitents cagoulés. On ne voyait que leurs yeux à travers les fentes. Impossible de savoir qui étaient ces hommes. J’ai su que c’était pour une bonne raison qu’ils cachaient ainsi leur visage, mais cela ne m’a pas rassurée.

 

 

Patrick (2): Je ne me suis jamais déguisé et je n’ai jamais porté de masque. Je n’aime pas cela. Je n’aime pas jouer un personnage. J’aime être moi. Cela n’est pas simple lorsque je suis invité à une soirée déguisée ...

 

Robert : Je vais écrire une courte histoire qui racontera un bal costumé. Il avait été décidé de se costumer mais non de porter un masque. Au cours de la soirée arrive un convive qui porte un masque. Personne ne le reconnaissait, les ennuis commencèrent ...

 

Claude : Il était de tradition, lors de grandes réunions de famille, que les enfants se déguisent et se masquent. C’était une façon très amusante de se retrouver.

 

Renée : Le carnaval de Nice ! ma grand-mère m’y emmenait. Elle me déguisait toujours en poupée. Je ne portais pas de masque mais j’était maquillée en poupée avec de larges yeux dessinés et de grosses joues rouges.

 

Evelyne (texte final)

Comment la passion de collectionner les masques m’est-elle venue ? Je ne sais plus. Mon premier masque fut un masque africain gabonais. Je tombais immédiatement sous son charme malgré sa couleur pale donnée par le kaolin qui le rendait énigmatique et inquiétant. Un seul masque sur un mur c’est ridicule. Je commençais donc une collection. Il se passa une chose étrange, plus j’alignais des masques sur mon mur et plus je m’étiolais, je dormais mal, hanté par des cauchemars violents. Le docteur ne comprenait rien à cette étrange langueur. Un matin, alors que le soleil pénétrait dans la pièce et éclairait doucement les masques, je fus étonné par leur beauté presque surnaturelle. Ils semblaient sourire. Une vie énigmatique les animait. Je descendis brusquement le store, ce qui les plongea dans la pénombre et là, incroyablement, leur douce expression se transforma en rictus sinistre. Je sortis de la pièce à reculons. J'étais terrifiée.Quelle était ce sortilège ? Je pris la décision brutale de vendre tous mes masques pour sortir de cet envoûtement. Je rendis un antiquaire heureux, retrouvais ma santé, et me mis à collectionner les timbres-poste ... Mais ne dit-on pas "devenir timbré" ?