Atelier jazz Octobre 2021

19 Octobre 2021

Compte-rendu de l’atelier d’écriture AVH du jeudi 30 septembre 2021

Le jazz et le personnage : Écoute musicale et découverte de personnage par le toucher

 

Prochain atelier : jeudi 25 novembre 2021 par e-mail (pour raisons de santé)

 

Qu’est-ce que le jazz ? Musique afro-américaine créée au début du XXe s. par les communautés noires et créoles du sud des États-Unis, et fondée pour une large part sur l'improvisation, un traitement original de la matière sonore et une mise en valeur spécifique du rythme, le swing (se balancer) caractéristique rythmique. Le swing : Phénomène apparu aux États-Unis dans le milieu des années 1930 et caractérisé par la vogue des grands orchestres de jazz. Le mot « jazz » apparaît pour la première fois le 6 mars 1913, dans un journal américain (le « San Francisco Bulletin »), sous la plume d’Ernest J. Hopkins. Et c’est en 1917 que le mot « jass » (orthographié avec 2 s) est noté sur un disque de « l’Original Dixieland Jazz Band », enregistré à New-York par un orchestre composé uniquement… de musiciens blancs.

 

*Écoute d’une chanson d’Ella Fitzgerald surnommée « the First Lady of Swing” : Smooth Sailing.

Elle utilise le scat, c’est-à-dire l’art de chanter sans paroles. Une forme de jazz vocal à base d'improvisation musicale, de simples syllabes, d'onomatopées rythmiques, ou d'imitations vocales d'instruments de musique, dénuées de sens, en guise de paroles. Qui a eu cette idée : En 1926, Louis Armstrong (1901-1971 : virtuose de la trompette et un improvisateur inspiré. Grâce à son jeu, la trompette est devenue un instrument soliste de jazz ).enregistre une version de Heebie Jeebies (Chair de poule), le petit papier sur lequel sont écrites les paroles s’échappe. Il se lance alors dans un génial exercice d’improvisation vocale avec de simples syllabes. Dip Dop

 

*Évocation de la Nouvelle Orléans, berceau du Jazz.

 

* À découvrir par le toucher : 2 petits musiciens : Un tromboniste et un saxophoniste.

L’histoire de ces 2 instruments dans le jazz.

Écoute partielle de Louis Johnson (le Charlie Parker du trombone) et Lester Young (le Président du saxophone)

 

*Évocation de Boris Vian et de ses écrits sur le jazz.

 

*Une belle phrase de Jean-Paul Sartre dans son roman « La nausée » 1938 : « Vider les instants de leur graisse, les tordre, les assécher, me purifier, me durcir, pour rendre enfin le son net et précis d’une note de saxophone. »

 

*Recherche de vocabulaire autour du jazz

 

*Consigne d’écriture : Création d’un personnage

Et si nous tentions d’entrer dans la peau d’un personnage de couleur ?

Faites votre portrait. Êtes-vous une femme, un homme ? Racontez-vous : vos défauts, vos qualités. Ce que vous aimez ou n’aimez pas. Votre rapport à la musique, à la danse, à l’écriture. Votre rapport aux autres.

 

Si cela est trop difficile, gardez votre couleur de peau et racontez un souvenir de jazz :

-Vous êtes dans un bar et vous entendez un morceau de jazz soit diffusé, soit joué. Vos impressions.

-Vous participez à un festival de jazz : Montreux, Juan les Pin, à Marseille, à Paris, à Sète …décrivez l’ambiance, les musiciens, les participants …

- On vous offre un disque, un cd de jazz, vous aimez dites pourquoi, vous n’aimez pas dites pourquoi.

*Détente autour d’un café et dégustation de douceurs

 

Chacun invente ou se souvient autour du jazz :

 

Andrée : J’arrive dans une ville inconnue mais qui me plait, je voudrais y vivre. Je vais dans un bar pour boire un sirop d’orga. Un morceau de musique de jazz retenti. J’aime bien. Tout autour de moi les gens apprécient aussi.

 

Claude : Je me mets dans la peau d’un travailleur noir. Pour distraire ma fatigue je fais de la musique avec d’autres travailleurs.

 

Arlette : Je vais évoquer le gospel. Je serai une femme ou un homme noir qui le chante le dimanche au temple.

 

Henry : Je m’imagine en métis. Je dirige une entreprise de pompes funèbres. Les enterrements se font à l’ancienne avec un orchestre de jazz pour accompagner le mort.

 

Dominique : J’ai deux formidables souvenirs de boites de jazz dont un dans la ville de Washington. Une vodka orange m’avait tournée la tête. Le batteur du groupe de jazz a dû me raccompagner.

 

Antoine : Je voudrais raconter l’ascension d’un gamin des rue, noir, pauvre cireur de chaussures. Il a le rythme dans la peau. Il deviendra célèbre.

 

Jean-Louis : Dans une boite de jazz à Toulouse, j’ai rencontré Claude Nougaro. On a discuté. C’était formidable.

 

Patrick : Je suis un musicien noir, pianiste dans un boite de jazz. Je milite contre le racisme et particulièrement contre le KKK. Un proche va être retrouvé pendu dans sa chambre.

 

Chantal : Je voudrais évoquer les femmes saxophonistes, étant moi-même musicienne. Elles étaient rares dans les formations de jazz dans les siècles passés.

 

Chantal : Je serais une femme noire. Un mannequin. Je vais défiler au Grand Palais. Un orchestre de jazz jouera.

 

Evelyne : (Texte final) Le nouveau professeur de musique :

Notre nouveau professeur de musique, qui portait blazer chic et nœud papillon, se fit fort de déterminer, juste en détaillant notre physionomie, de quel instrument de musique nous jouions.

On se regardait perplexe et amusé. On l’avait déjà classé dans les profs « barjots » ce qui ne manquaient pas dans notre école privée. Avec une petite baguette de direction, qu’il tenait dans la main, il désigna notre copain Alain. « Vous monsieur, vous jouez du piano » C’était vrai. Nous poussâmes un ouah ! admiratif. Alain quitta le rang d’oignon que nous formions, s’installa au piano et exécuta deux glissandos joyeux.

« Vous, j’hésite mais je vous associe aux « bois » » Il désignait Frédéric qui déclara qu’il avait abandonné l’art de la trompette pour celui de la clarinette basse. Il alla vers son instrument, poussa quelques sons, puis essuya l’instrument avec soin.

 

La baguette se pointa vers moi. « Vous, vous devez exceller aux percussions ». J’émis un petit rire forcé. J’étais très mal à l’aise. « Non. Je joue du violon ».

J’avais les cheveux crépus, les lèvres lippues et ma peau était foncée. J’étais le résultat étrange d’une passion d’une femme blanche, ma mère était alsacienne, avec un homme noir, mon père un béninois. Même les plus belles passions ont une fin. Je naquis en France d’une mère célibataire mais grande musicienne ! Elle me donna le prénom de Niccolo en hommage à Paganini et dès mon plus jeune âge me mit un violon dans les bras. Miraculeusement j’ai adoré immédiatement cet instrument exigent mais si complice.

 

Je regardais le professeur de musique droit dans les yeux « Non, monsieur, ni tamtam, ni batterie, juste le violon »

J’ouvris l’étui de mon violon, le caressa, agaça un peu les cordes de l’archet puis me lança dans une alerte et éclatante improvisation autour de la chanson « Sweet Georgia Brown » si bien adaptée pour le jazz manouche par mon idole du moment Stéphane Grappelli.

Alain suivi et imposa un rythme soutenu à son piano sans oublier les glissandos. Frédéric broda avec sa clarinette basse puis me fit signe qu’il demandait un solo.

Les autres élèves tapaient des mains et se déhanchaient. Les regards brillaient sauf celui du professeur de musique qui cherchait vainement une contenance et finit par quitter la salle de musique à grands pas.