Atelier écriture octobre

05 Novembre 2018

Compte rendu de l'Atelier d'écriture autour d'une senteur du mercredi 24 octobre 2018 à 14 H 30 -
Salle premier étage AVH - Senteur à découvrir : Le laurier
-Lecture des textes des écrivants autour de "la poupée"
-Découverte de la senteur en poudre et au toucher par une branche de laurier (à noter que l'odeur n'était pas facile à identifier …)
-Lecture d'un court poème de Antoine Vincent Arnault (1766-1834) La feuille
-Lecture de renseignements généraux sur le laurier : Laurus nobilis relique d'une forêt qui couvrait le bassin méditerranée durant le pliocène 5,332 millions à 2,588millions d'année avant notre ère. On peut encore de nos jours trouver ce type de foret dans le parc naturel de Madère. Le laurier thérapeutique, l'histoire de la couronne de laurier au temps des romains, détresse d'Apollon lorsque Daphné fut transformée en laurier, la couronne en or de feuilles laurier du sacre de Napoléon 1er mais que sont devenues les trois petites feuilles enlevées à la couronne ? la symbolique du laurier à travers les âges.
-Recherche de vocabulaire
-Dégustation de petits gateaux au chocolat et fruits rouges autour d'un café.
Chacun invente ou se souvient autour du thème du laurier : 

Robert : Je vais écrire un texte autour de la chanson : « Nous n’irons plus au bois les lauriers sont coupés ». Il sera question de Louis XIV qui a fermé les maisons de prostitution dont la porte était ornée de branches de lauriers, d’où les paroles de la chanson « les lauriers sont coupés » et de Mme de Pompadour qui, sous Louis XV, (qui les avait réouverts) s’est emparée de la chanson.

 

Maggi : Pour que Noël soit beau

J’avais pris l’habitude pour décorer la table à Noël, de faire des compositions à partir de feuilles de lauriers. Je les peignais d’argent et les plantais dans un bloc de mousse à différentes hauteurs. J’ajoutais de petits personnages, des anges, le Père Noël, etc. C’était original et joli. Je me servais aussi des feuilles de lauriers pour créer des arbres pour la crèche, c’était la crèche du pauvre.

 

Annick : Jouons sous les lauriers

Je me souviendrai toujours de nos jeux d’enfants sous les lauriers. Nous venions de quitter Paris et le bitume et Lalonde des Maures nous offrait une pleine liberté dans une nature riche de lauriers sauvages, de micocouliers, d’arbousiers. J’avais 7 ou 8 ans. Les merveilleuses cabanes odorantes que nous construisions ! Nous les filles, nous laissions les garçons jouer aux cowboys et aux indiens, et restions cachées sous les branchages de lauriers.

 

Renée : Une récompense méritée

Mon frère était toujours le premier dans toutes les matières quelle fierté ! Je me souviens de la cérémonie de remise des prix et de la couronne de lauriers. J’étais bien petite mais cela m’a marquée. La cérémonie se passait dans la cour de l’école. Face aux parents assis et émus, s’élevait une estrade sur laquelle défilaient les premiers et seconds des différentes classes. Le professeur appelait les élèves méritants et remettait livres de prix et couronne de lauriers. Mon frère était un élève très studieux.

 

Henri : Nous n’irons plus à Paris

A Paris, les chiens lèvent la patte pour uriner sur les forêts de lampadaires. Ici, en Provence nos chiens ont les lauriers sauvages pour se soulager. A Paris, il fait tout gris, ici, dès le matin, on ouvre les yeux sur le ciel bleu. A Paris, on respire un air vicié. Ici, en Provence l’air est parfumé au thym et au romarin. Ils se moquent de nous à Paris. Ici, en Provence, on dit : rira bien qui rira le dernier … »

 

Evelyne : Le héros de quelqu’un

Elle pleurait au pied de l’arbre. Là-haut, sur une grosse branche, posé maladroitement, en déséquilibre, un chaton lançait des appels déchirants. J’avais dix ans, je marchais le menton levé, les mains dans les poches, je pouvais cracher à un mètre, bref je me sentais un homme. « Qu’est-ce t’as ? » Elle leva son visage de poupée de six ans, mangé par des larges yeux bleus dégoulinant de larmes et répondit en hoquetant « C’est mon chat, il va s’écraser ».

Sans peur, enfin sans vraie peur, je grimpais à l’arbre. Je me sentais invulnérable, mes mains, mes pieds m’obéissaient en bons petits soldats. J’attrapais fermement le chat par la queue (ce qui l’énerva beaucoup) et descendit aussi agilement que j’étais monté. Le chat pris la fuite et la petite fille le suivit sans m’adresser un merci.

L’ingratitude me fit hausser les épaules et cracher à deux mètres. Cependant le lendemain matin, accroché à la grille de ma maison, je trouvais une gentille couronne faite de feuilles de lauriers.

J’étais devenu le héros de quelqu’un. Cela me fit cracher à trois mètres.