Rapport écriture juin

07 Juillet 2018

Compte rendu de l'atelier d'écriture autour d'une senteur : la rose du mercredi 27 juin 2018

-Lecture des textes des écrivants autour de "Un attrape rêves ou capteur de rêves"

-Découverte de la senteur : la rose, sous forme de parfum d'intérieur, d'huile essentielle, de petits sachets de boutons de roses porte-bonheur remis à chaque participants.

-Lecture de deux courts poèmes : La prière des roses : Federico Garcia Lorca, La tombe dit à la rose : Victor Hugo

-Lecture de renseignements généraux sur la rose : La rose en littérature, au cinéma, en chanson. Les expressions avec le mots rose. Il y a 40 millions d'années, les roses existaient. On a retrouvé des fossiles dans l'Ouest américain. Les roses cultivées en Chine et en Perse depuis 5.000 ans. Lors des banquets grecques, si une rose est suspendue, c'était un hommage à Harpocrate, considéré comme le dieu du silence, les invités devaient  garder secrètes les paroles échangées sous la rose. Les romains attachent la rose à Vénus. Au XIIe siècle le mot rose apparait en français. En 1942, un groupe de jeunes résistants allemands se prénomme : La rose blanche. Ils furent exécutés par la Gestapo en 1943.

-Recherche de vocabulaire autour de la rose.

-Dégustation de loukoums à la rose et de biscuits roses de Reims autour d'un café.

Chacun invente ou se souvient autour du thème de la rose : 

Claude : Rosa, rosa, rosam, rosae, … Ce n’est pas une sinécure d’apprendre le latin de la 6ème à la terminale. Mon casse-tête chinois ! Pourtant quel bonheur de lire « La guerre des Gaules » de César, les « Bucoliques » de Virgile.

 

Henry : Variations sur la rose

La guerre des roses

Le pourpre du sang pour deux roses anglaises

Rose d’amour pour l’être au teint pareil à la rose

Une histoire rose à l’eau de rose

Qui finira fatalement dans les roses

Amour et plénitude pour une longue vie

Qui a fleuri à l’aurore des roses.

 

Annick : Quelle surprise en découvrant à Lalonde des rosiers plantés devant les rangées de vignes. Que de couleurs vives et harmonieuses. Mais pourquoi le viticulteur avait-il planté ces magnifiques rosiers d’un rouge profonds ? Pour faire joli ? Un petit peu, le vrai motif était de contrer l’horrible champion de la vigne que l’on appelle l’oïdium et cet autre le mildiou. Ils s’attaquaient en premier aux rosiers et ainsi le vigneron pouvait vite traiter la vigne avec une décoction de racines d’orties, ou du souffre par exemple.

 

Robert : Rose Grand-mère (version en cours de re-travail)

Rose Cécilia née Olive

Fut mariée par Marceau Couton.

Autour de rose, de ses boutons,

Naquirent les Couton de rose

Saint Savournin fut en émoi.

Quand le printemps 1883

Vit fleurir une enfant chétive,

Réjouissant les cœurs de Gréasque à Cadolive.

Rose Cécilia Olive

Ton image revient, grand-mère

Comme claque un éclair,

Avant de défaillir, frêle fleur de poussière.

Mon accent est teinté d’anis,

Comme il a parfumé le tien,

Toi la belle de jadis

Qui à Marceau donna deux fils.

Rose fanée qui vit deux guerres,

Au cœur meurtri par la première,

N’espérant plus rien du Bon Dieu,

S’en allait pleurer sur les pierres

Rose sauvage, Rose d’hier

Tu m’as légué le goût du mistral, de l’hiver.

Gardien de ton vélin

Rose, je porte comme toi aux joues

Depuis l’enfance, la même transparence

Et aussi tes yeux bleu Provence.

Plus Cécilia que Rose, moins rose qu’églantine.

Dès lors qu’il lui fallait défendre ou se défendre.

Comme elle, sur mon cœur tendre

Nul n’y peut s’épancher s’il a peur des épines.

 

Evelyne : « Je m’enfiche que personne ne m’offre de roses » Pensait-elle rageusement en passant devant la vitrine du fleuriste. Pourtant elle s’arrêtait fascinée devant les grands seaux de fer gris qui fièrement veillaient sur les brassées de roses.

« Un jour, celui-là me tendra, en tremblant, une rose rouge coup de foudre, rouge je t’aime déjà. Un autre jour, cet autre se présentera dans l’encadrement de la porte avec un bouquet de neuf roses, rose tendresse ou jaune complicité et je comprendrai « Nous serons ensemble pour toujours ». Une belle soirée d’été, un Apollon, cachant sa superbe musculature sous une chemise blanche impeccablement repassée, m’offrira, en souriant largement, douze roses enrubannées : « Oui, j’accepte ta demande en mariage » et elle se mit à sauter de joie sur le trottoir devant le regard interrogateur des passants très sages.

Un monsieur à la mine sévère et triste sortit de la boutique du fleuriste. Une larme coulait sur sa joue. Elle s’écrasa sur un bouquet de trente-six roses qu’il tenait maladroitement.

Elle regardait éberluée ce monsieur qui pleurait sur trente-six roses pourpres. L’homme lui tendit le bouquet « Tenez, ce n’est plus la peine, elle vient de me quitter » et il partit en courant certainement se jeter dans un fleuve ou un lac ou dans quelque chose de profond et d’irrémédiable comme un chagrin d’amour.

Trente-six roses : « Je suis absolument fou de toi. » Le message ne lui était pas adressé mais elle accepta les roses en toute humilité.